La vie de Love
L’INCROYABLE DESTIN DE LOVE !
Petit mot d’explication
J’ai commencé à écrire cette histoire avec beaucoup d’humour car la vie de Love valait la peine d’être racontée tellement il y a eu de circonstances que peu de chiens ont vécu et qu’elle a traversé avec une force incroyable. Elle nous a montré qu’elle nous aimait tellement, qu’il fallait qu’elle nous donne tout ce qu’elle pouvait. La moindre des choses était de lui montrer que nous l’aimions tout autant, mon mari et moi, pour l’accompagner dignement.
Voici le récit de l’existence de ma chienne Setter Gordon qui allait prendre 13 ans et de son copain favori « Beedy » qui fêtera ses 14 ans cette année. Les inséparables !!!
Ma petite chienne est née le 18.03.96 d’une portée de 13 chiots sous le nom de « LOVE CROW ». Durant son jeune âge, elle a vécu très heureuse entourée de ses frères et sœurs sous la responsabilité de sa maman. Puis se retrouvant seule après le départ de ses petits congénères, elle rencontrait le reste du cheptel de l’élevage. Elle s’attachait très rapidement à un gentil copain d’une autre portée se nommant BEEDY, un mâle de 3 mois son aîné avec lequel elle allait partager sa vie.
À l’âge de 6 mois, sans qu’elle ne s’en rende compte, puisque qu’elle était sevrée depuis un bon moment, sa maman mourrait dans un tragique accident à l’âge de 6 ans. Une grosse perte pour nous car mon mari l’avait préparé pour les Fields d’automne et elle partait juste avant.

Espiègle, inconsciente du danger et de plus passionnée de chasse comme sa maman, à l’âge de 3 ans lors d’un entraînement sur cailles avec son copain de toujours, elle nous fait la plus terrible des peurs. Deux jours après notre retour, tout d’abord Beedy commence à boiter des pattes avant et nous constatons qu’elles avaient doublées de volume. En observant de près nous pouvions voir comme des petites aiguilles d’herbe sèche qui sortaient de la chair entre ses doigts de patte. À l’aide d’une pince à épiler j’essaye d’en sortir le plus possible et pour finir je désinfecte les plaies. En réfléchissant, mon mari seul ce jour là, pense tout de suite que sur le terrain d’entraînement il devait y avoir à certains endroits des épillets (faux blé) qui devaient être la cause de ces infections. Pour Love tout se passait bien jusqu’au 4ème jour où elle a commencé à enfler sur le côté gauche du crâne au-dessus de l’œil et de l’oreille. Le lendemain nous allons la montrer chez le vétérinaire qui pense à un début à d’otite. Après un nettoyage du conduit auditif et une pommade calmante il nous dit de surveiller et de revenir s’il n’y avait pas de progrès.

Arrivé à Berne notre chienne baignait dans une marre de sang. Immédiatement elle était prise en charge, il nous restait plus qu’à espérer la revoir ! Le lendemain après-midi, enfin un vétérinaire nous explique par téléphone ce que notre pauvre chienne avait subit. Une heure après son admission, son crâne avait triplé de volume, son cou également au point qu’il avait fallu sectionner son collier. Après des radios et plusieurs examens une opération était inévitable car il y avait un énorme abcès derrière le globe oculaire provoqué par un épillet qu’elle avait probablement avalé. Il était entré par la bouche, puis avait percé la paroi du palais tout au fond pour monter se loger derrière l’œil.
L’opération en soit s’était bien passée mais il fallait attendre la réaction de l’animal. Durant la nuit, elle se mordait la langue dans son sommeil ce qui la conduisait à nouveau sur la table d’opération pour cause d’hémorragie. Sous contrôle vétérinaire elle se réveille après ses deux opérations simultanées un peu dans le brouillard, mais en forme. Quelques jours plus tard, toujours au Tierspital, elle a fait une nécrose du bord de l’oreille du côté où elle avait développé l’abcès. Une nouvelle opération était programmée afin de lui couper
Durant le temps ou Love était à Berne, notre Beedy ne s’était pas guéri aux pattes et à nouveau elles étaient enflées et remplies d’infection. Étant donné que sa copine Love était à Berne nous l’amenions en consultation et nous devons le laisser afin qu’il subisse une opération pour nettoyer ses pattes remplies de brins d’épillet. Au bout de 3 jours nous allions le chercher et avec un traitement aux antibiotiques, il s’en sortait sans séquelle. Au bout de deux semaines nous retournions à Berne cette fois pour chercher notre Love en pleine forme. Elle était tellement heureuse de nous retrouver ainsi que son copain Beedy qu’elle nous a fait une immense fête.
Après ces péripéties, elle a commencé à avoir des insomnies. Elle se réveillait entre 1h00, 2h00 du matin et nous hurlait des sons tellement aigus que malgré une grande promenade au jardin par n’importe quel temps au retour il fallait se fâcher très fort pour la calmer. Je ne compte pas les nuits que mon mari a passé au salon à dormir sur le canapé pour qu’elle ne réveille pas la maisonnée toute entière. Je ne voudrais pas non plus insister sur le fait que lorsque sa gamelle ne venait pas assez tôt elle passait ses nerfs sur les corbeilles de repos en plastique (dites indestructibles) en refaisant le look de leur pourtour. C’est ainsi que le bord ressemblait à de la dentelle « made in Love ».

À l’âge de 9 ans, une boule se développe sur le côté gauche en bas du dos qui après quelques temps commence à suppurer et sanguinoler. Un nouveau rendez-vous chez le vétérinaire et opération en vue. En effet s’était une tumeur cancéreuse et après 10 jours de pyjama, notre brave Love recourait comme un lapin dans le jardin en réclamant ses parties de jeux.

Avec l’âge, sa torsion de la patte arrière toute jeune, ses hanches avec un degré de dysplasie C/C, de l’arthrose qui s’est installé entre-temps et maintenant sa patte avant dans un bandage, elle a quelques difficultés à se lever. Je dois souvent la porter par l’arrière afin de la mettre debout puis elle s’élance tout en boitant pour faire son petit tour dans le jardin.
Avec le soucis de cet abcès je faisais constater à mon vétérinaire une grosseur mammaire qui ne l’inquiète pas sur le moment, mais au fur et à mesure du temps, elle augmentait à vue d’œil. Une nouvelle opération est programmée d’urgence, en effet cette masse pesait 1kg600. Le ventre allégé et une grande couture sur l’abdomen, je l’habillais de son pyjama habituel durant 14 jours avec des antibiotiques et à nouveau la rage de vivre l’envahissait.
Pauvre Beedy, il était chaque fois malheureux lorsque sa copine Love disparaissait de son environnement. Nous l’avons surnommés à cet effet « l’infirmier » car il prenait une attention toute particulière chaque fois que Love était de retour de ses opérations. Il l’a reniflait de partout, se couchait contre elle et nous prévenait par un petit cri s’il se passait quelque chose d’anormal.
Janvier 2009. Mis à part son coude qui n’était pas encore guérit malgré 4 mois de soin et de bandages, le trou s’était refermé mais les chairs restaient toujours ouvertes. Avec sa célèbre volonté, elle marchait seule en clopinant pour faire ses petites sorties et mangeait comme un ogre, il ne fallait surtout pas sauter une gamelle si non c’était des modulations qui nous perçaient les tympans.
À la suite d’un nouveau rendez-vous chez le vétérinaire, il n’était pas contant car la plaie restait stagnante et aucune amélioration. Il nous propose une inévitable chirurgie afin de rapprocher les chairs et de pouvoir refermer ce trou béant. Sa 6ème opération a lieu le 12 janvier 2009 à 9h00 et le pauvre Beedy qui encore une fois, désemparé de se retrouver seul tourne en rond en poussant des petits cris. Nous allons rechercher notre Love à 14h00 avec une patte immobilisée dans un plâtre afin de ne pas endommager les chairs. Jusque là tout s’est bien passé, mais rien n’était encore gagné d’après notre vétérinaire !
Surprenante Love ! Avec tous les accidents et opérations qu’elle avait subi, elle aurait dû nous quitter à plusieurs reprises et bien non, elle décidait de vivre le plus longtemps possible pour notre plus grand bonheur avec une énergie insoupçonnée.
Jusque là je m’attendais avec beaucoup d’espérance la voir s’en sortir encore une fois, mais le destin en a voulu autrement. Elle a commencé à tousser et j’ai tout de suite pensé à un problème aux poumons ! Beedy, inquiet sentait l’état de santé de sa copine Love se détériorer, ne la quittait plus et se couchait tout près d’elle pour lui apporter sa chaleur.
Au bout de trois jours elle mangeait de moins en moins malgré mon aide et je pensais qu’elle devait souffrir. Ce lundi 23 février, après une radio chez le vétérinaire, mon pronostique se révélait exact. Que des petites tumeurs un peu partout dans les poumons tandis qu’elle essayait de nous dissimuler son état réel.
Après cette visite, il fallait que je rentre à la maison avec elle pour lui expliquer ce que nous devions faire et dire à son compagnon de toujours qu’il allait se retrouver seul. Pendant que je lui faisais mes adieux, ma petite Love posait sa tête contre ma poitrine en soufflant avec peine et j’ai compris son message.
Nous l’avons euthanasie le 24 février 2009 sur sa couverture favorite et dans les murs qu’elle connaissait si bien, à la maison, dans mes bras.
Maintenant, elle a rejoint sa maman et sa famille dans le paradis blanc des chiens heureux, délivrée de ce mal incurable, dans la sérénité.
Sylvia Küng
